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RIA Novosti

Débats

Un TGV chinois jusqu’à Astana ou l'envolée des relations sino-kazakhes

Noursoultan Nazarbaïev
19:01 24/02/2011
Par Dmitri Kossyrev, RIA Novosti

Que les organisateurs de la visite d’Etat en Chine du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev l’aient voulu ou non, les relations entre les dirigeants de ces deux pays asiatiques, en plein essor, sont aujourd’hui observées à travers le prisme de la catastrophe politique au Proche-Orient. La stabilité contre le chaos: malheureusement, désormais cette antithèse occupera les esprits pendant de longues années. Et la question se posera immanquablement de savoir si la répétition des événements dans certains pays arabes est possible au Kazakhstan ou en Chine.

D’autant plus que le Kazakhstan, sans le moindre doute, assimile à bon escient les leçons chinoises de la stabilité et de la croissance, de la même manière que la Chine, avant le début de ses réformes, avait étudié et beaucoup appris des exemples de Singapour et de la Malaisie, y compris en matière de système de parti unique et de transmission héréditaire du pouvoir. Dans l’ensemble, des similitudes avec le style politique de la Chine peuvent être observées dans une vingtaine de pays. On serait pourtant tenté de rappeler que Singapour et la Malaisie, à leur tour, ont beaucoup appris de la Grande-Bretagne (à l'époque où l'Egypte se trouvait également sous tutelle britannique), au risque de rendre cette dissertation trop théorique. Or, la visite du président kazakh en Chine avait un caractère pratique.

Les hautes technologies

La solennité de la visite d’Etat s’est traduite, en l’occurrence, par le passage en revue de la garde d’honneur, et l'impossibilité de distinguer les visages à l'autre bout de la table. Autour de cette table, à Pékin, les questions économiques ont été principalement abordées et plusieurs documents ont été signés.

Le plus intéressant concerne l’accord sur le train à grande vitesse. Un voyage de l’invité kazakh dans un de ces trains, devenu la carte de visite de l’économie chinoise, était prévu. Peu importe qui aidait les Chinois à construire le chemin de fer et qui leur a fourni la motrice pour les premiers trains. Le fait est que la Chine créera la ligne TGV Astana - Alma-Ata.

L’un des principaux slogans politiques au Kazakhstan est: "Une nation intellectuelle." On pourrait noter que les nations intellectuelles n’organisent pas de révolutions, mais le slogan est bien plus ancien que les émeutes arabes actuelles. Le gouvernement kazakh voulait dire que les meilleurs écoliers devaient être envoyés dans les meilleurs universités du monde: aux Etats-Unis, en Europe, en Russie, et c’est précisément ce qu’il fait. Aujourd’hui, la Chine a été ajoutée à cette liste. Actuellement, 3.500 étudiants kazakhs font leurs études en Chine.

En ce qui concerne l’économie, avec tout l’amour de la Chine pour les matières premières et les ressources énergétiques, la coopération kazakho-chinoise prend une forme de plus en plus intellectuelle. Et la ligne TGV relève incontestablement de la haute technologie.

Les routes et les ponts

Mais en même temps c’est une partie de l’idée de Nazarbaïev qui se réalise progressivement concernant "l’identité eurasiatique" du Kazakhstan, c’est-à-dire de son rôle de "pont" physique entre l’Orient et l’Occident. Comme l’a fait remarquer à Pékin le président kazakh, son pays a déjà transporté 15 millions de tonnes de marchandises via le terminal ferroviaire Alashankou-Droujba, et les conteneurs avec des marchandises chinoises vont en Europe en transitant par le Kazakhstan. De plus, en 2011 le Kazakhstan terminera la construction de la seconde voie ferrée Khorgos - Alma-Ata, qui reliera la Russie et l’Europe aux pays d’Asie centrale.

Par la suite, il faudra mettre en service une voie ferroviaire du Kazakhstan, via le Turkménistan et l’Iran vers le golfe Persique. Et il ne faut pas oublier non plus la communication par fibre optique et l’achèvement en 2012 de l’autoroute Chine occidentale – Europe occidentale de 2.700 kilomètres.

Et il s’avère donc que le Kazakhstan a réussi là où l’URSS et ensuite la Russie ont échoué. Il convient de rappeler qu’avec l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev en 1985 a commencé la formation de la nouvelle politique orientale de la Russie, celle que la Russie met en œuvre jusqu’à présent. La partie clé de cette politique était la réconciliation et le rapprochement entre Moscou et Pékin en 1989. Le rôle auquel la Russie s’essayait à l’époque incluait cette prestation, à savoir servir de "pont" entre l’Occident et l’Orient.

Par exemple, le Transsibérien était considéré comme une artère stratégique destinée à l’acheminement des marchandises… qui transitent actuellement par le noeud ferroviaire Alashankou-Droujba.

La Kazakhstan n’est pas à blâmer: il a donné une avance temporelle importante à la Russie en commençant la construction du réseau eurasiatique de transport bien après les plans de Gorbatchev. Et aujourd’hui, il serait utile d’analyser pourquoi les ports, les routes et les douanes russes sont si impopulaires auprès des partenaires commerciaux qu’il leur est plus simple de créer une nouvelle infrastructure ex nihilo via l’Asie centrale. Il y a quelque chose qui cloche en Russie. En fait, il serait utile de savoir qui a dit le premier que les douaniers de Vladivostok qui ont réalisé un film "corporate" ont enfreint quoi que ce soit. Leur poste de travail serait-il un temple où il est interdit de s’amuser un peu le soir? Quoi qu’il en soit, les douaniers hilares et heureux ne sont pas le principal problème de Vladivostok, "portail oriental de la Russie." Le problème est ailleurs.

Le mérite historique du Kazakhstan face à Moscou réside probablement dans le fait qu’il est devenu le cœur géographique (et pas seulement géographique) fiable de la politique eurasiatique et centrasiatique, en permettant ainsi à la Russie de jouer un rôle important et sensé dans la région. La visite de Nazarbaïev à Pékin s'inscrit dans cet esprit.

Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti.

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